Etape 5

Le "petit" mot du jour:

60 ans   au Vietnam !

Le Danièli à Venise, La Mamounia à Marrakech ou encore le lagon de l’île Maurice, autant de destinations rêvées pour franchir, doigts de pied en éventail et champagne à discrétion, le cap , que l’on dit sensible, de la soixantaine. Mon épouse Sara a préféré pour cette occasion une version beaucoup plus rustique : le Vietnam façon oncle Gégé c'est-à-dire raid de 5 jours dans la région de Sapa et intimité à la mode dortoir. La sagesse, privilège de cet âge, a cependant voulu qu’elle nous inscrive dans la catégorie marcheurs plutôt que dans la compétition réservée aux coureurs.

Alors que les trois premières journées de marche, exercice qui nous est familier, s’étaient déroulées de façon franchement agréable, Sara a voulu, le jour même de son anniversaire, se lancer un défi et tenter de faire l’étape avec les coureurs. Elle m’a convaincu de l’accompagner, ce qui me conduit à vous livrer, au terme de cette expérience, les impressions d’un transfuge.

1- Se méfier, toujours des apparences (où comment confondre 3 km en bord de Seine avec la même distance dans la moiteur des tropiques)

Le parcours de 24 km savamment concocté par l’organisation a été accompli sans difficulté majeure jusqu’au dernier ravitaillement situé à 3 km de l’arrivée. Marche rapide dans les montées, course légère dans les descentes, un encadrement aussi attentionné que performant, ça ressemblait jusque là à une belle journée d’anniversaire à l’image de la très touchante manifestation organisée la veille par Gérard et son équipe. Lorsque Régis et Patrick nous ont annoncé qu’il ne restait plus que 3 km, qui plus est en rizières, nous avons été étreint par un doux sentiment de victoire et aussi, disons-le, de fierté. 3 km seulement et en outre au bord de l’eau : c’était gagné..

 

2- Rizières infernales (où il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille que pour un coureur fatigué de garder son équilibre dans les rizières)

Les traceurs avaient bien caché leur jeu ! Ces rizières, nous en avions apprécié le doux modelé et l’harmonie vu d’en haut.  Nous ignorions que les franchir quand il est dans les midi représente une redoutable épreuve. Trois difficultés se sont conjuguées pour nous précipiter au bord de la défaillance : garder son équilibre sur des bordures larges de 20 cm, franchir des talus de 2 mètres et surtout résister à une chaleur étouffante donnant l’impression d’évoluer dans un four. C’est pourquoi la défaillance nous a brusquement fauchés et ce final, qui s’annonçait de rêve, s’est achevé dans le dur, au mental !

Mais quelle joie au moment de l’arrivée franchie main dans la main. Les applaudissements chaleureux des participants qui nous attendaient malgré l’heure tardive ; leurs félicitations ; les soins amicalement prodigués nous ont fait rapidement oublier ces rizières dantesques……

Au final que reste-t-il de cette journée particulière : le grand professionnalisme du staff, la remarquable disponibilité des équipes tout au long du parcours, une grande admiration pour les coureurs qui ont su, eux, relever pendant cinq jours un défi que nous avons eu tant de peine à tenir sur une journée seulement ; et encore l’image d’une participante, courant « avec les dents », puisant au tréfonds de ses ressources pour qu’un membre de sa famille, en difficulté, puisse être rapidement secouru.

En un mot : un anniversaire gravé pour toujours dans nos mémoires. Merci Sara ! 

 Pierre.L